La magie mécanico-musicale de Stephan Eicher

  Hello, c’est Bulle

  

Hasard de la bande FM, la semaine dernière, je me suis surprise à chanter Stephan Eicher à tue-tête, en voiture. (Ne riez pas, je suis sûre que ça vous arrive aussi 🙂 Rien de tel pour bien démarrer la journée. Et puis Déjeuner en paix, c’est exactement ce à quoi j’aspire en ce moment.
Hasard des voyages, à peine débarquée du train pour quelques jours de vacances, je vois qu’il est en concert à deux pas de mon pied à terre. Alors pourquoi pas ? Je ne suis pas fan absolue, mais ma curiosité est piquée. Que devient-il ? Qu’est-ce qu’il chante maintenant ? Et bien je n’ai pas été déçue ! 

Sur la scène, tout est pour un concert : piano, batterie, guitares, accordéon. Mais quand Stephan Eicher entre sur scène, il est seul. C’est là qu’est la surprise : il y a l’homme, les instruments et la façon dont l’homme fait vivre Les instruments. 

« Il nous faut une minute pour nous accorder » s’excuse-t-il. Un à un, les automates prennent vie, s’animent et s’illuminent. L’accordéon respire et exhale ses notes. Le piano pianote. Quant aux percussions, on imagine un batteur fantomatique tenir les baguettes et battre le rythme. J’ai une tendresse particulière pour le xylophone. Et que dire de l’orgue de lumière ! Stéphan Eicher est à la fois magicien et musicien. 

Il y a le chanteur aussi, sa voix grave et rauque enveloppe et rassure. Le charme opère toujours. De ses airs connus aux autres chansons, il nous emmène dans la douceur du temps qui passe. Seul en scène (ou presque), certes. Mais c’est avec le public et rien que le public qu’il crée l’échange. Non sans humour, entre deux chansons, il pose un regard sur la société actuelle avec le recul d’un artiste qui observe la planète tourner du haut de son studio. Philosophe ? Juste ce qu’il faut. Au final, même la forme de ce concert interroge : quelle place pour l’humain face aux machines ? La subtilité est sans doute dans la façon dont l’homme se sert de la machine. Et Stephan Eicher maîtrise son monde mécanico-musical à la perfection. Réglés comme une horloge (ça tombe bien pour un Suisse), les automates n’en sont pas moins la création de l’artiste et distillent, à son service, sa musique et sa sensibilité. Magique.

A bientôt, prenez soin de vous !
Pour vous faire votre propre idée : 

http://www.stephaneicher.com

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Esharêh, Voyage musical dans la poésie des mondes

Bonjour, c’est Bulle,

Samedi soir, je suis allée à un concert étonnant, voire déroutant. J’avais envie de partager cette découverte avec vous.

Sur un tapis persan, zarb, oud, tabla et autres instruments annoncent le voyage vers l’Orient. Et de fait, la voix du chanteur, ses intonations nous projettent, plus encore, comme dans la chaleur d’un mirage. Nous sommes dans l’univers d’Esharêh, « l’allusion » en Farsi. Pourtant, on distingue vite que les mots nous sont connus, que les paroles, aussi fardées soient-elles de ces mélopées, nous rappellent bien quelque chose… Mais quoi ? Derrière chez moi, y a un étang, dans la cour du palais… Mais si, cherchez bien, au fond de votre mémoire. En tout cas, moi, je devais quatre ou cinq ans quand j’ai appris ces chansons. Si elles sont nées en Haute-Bretagne, elles font belle et bien partie de notre répertoire de chansons traditionnelles françaises.

Improbable ?

Rencontre improbable ? Pas du tout, ça fonctionne. Voilà de jeunes hommes (de beaux trentaines, ce qui ne gâche rien ) qui ont trempé la plume de leur influences musicales et leur imaginaire à l’encre de la curiosité, de l’ouverture à l’autre. Les cordes plantent le décor, la clarinette charme, ensorcelle. Les percussions rythment bien sûr, mais leurs sonorités révèlent la sensualité de la peau d’où elles naissent. Difficile d’y résister. (De quoi donner envie de danser, mais j’ai tenu …) Les instruments s’écoutent et se répondent, dans le plus grand respect. Enfin la voix de Simon, qui unit le tout comme le noeud parfait l’emballage d’un généreux cadeau.

Faire danser les influences culturelles les plus éloignées de la planète

Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi la mondialisation serait-elle réservée aux multinationales et à la finance ? Mieux, et si les artistes étaient les artisans de cette poétique du monde, l’art de faire émerger une poésie, une harmonie là où d’autres ne voient que différence et discordance. Ils ont cette force de faire dialoguer et danser les influences culturelles des points les plus éloignés de la planète. Ils créent des chemins inédits de rencontre entre ces pôles. Ils nous emmènent au coeur de ce qui nous relie tous (oui j’espère encore…), notre humanité.

Je suis sortie de la salle comme au retour d’un voyage. Sur la route, on est parfois bousculé dans nos habitudes, mais à l’arrivée, on est juste bien, heureux d’avoir vécu l’expérience, riche d’une nouvelle découverte.

A bientôt, prenez soin de vous !

Pour vous faire votre propre idée :
http://www.eshareh.fr
http://www.julienlahaye.com/projets-artistiques/eshar-h