Jane et Serge, loin des clichés

Jane & Serge, deux prénoms comme une signature au bas d’un carton d’invitation. Difficile d’y résister… allons donc voir. C’est une exposition.

Jusqu’au 4 novembre 2018, le Musée des Beaux Arts de Calais propose de découvrir les photos d’Andrew Birkin. Le frère de Jane y dévoile un pan de l’univers du couple qu’elle formait avec Serge Gainsbourg, leur ordinaire, ou presque…

Elle est sublime. Incontestablement. Le clair de ses yeux, la douceur de son visage, la frange impeccable.

Lui, ce qui le rend beau, c’est son aura, son charisme, son talent ; sa sensibilité aussi.

Jane Birkin et Serge Gainsbourg forment un couple mythique dans les années soixante. Jusque-là, on est dans le cliché.

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Ce qui fait passer le cliché à l’art de la photographie, c’est le subtile, l’intangible que parvient à fixer sur la pellicule le photographe – l’heure du numérique n’avait pas encore sonné – C’est ce qu’a saisi Andrew Birkin, le frère de Jane, au fil des années.

Une exposition de photos sur les moments privés du couple : le risque était de tomber dans l’album de famille, les traditionnels repas, les pauses pathétiques autour du gâteau d’anniversaire de la petite dernière – fusse-t-elle Charlotte Gainsbourg – et autres mièvreries.

On en est loin. Cela reviendrait à ne considérer les chansons de Serge chantées par Jane, comme de simples tubes d’une époque révolue. Le temps semble avoir lâché prise.

Voici une scène : un papa qui explique à sa fille comment fonctionne l’appareil photo qu’il vient de lui offrir pour son anniversaire. Instantané de complicité, sans pause ni sourire apprêté, simplement le lien d’un père à son enfant. Serge est le père, Charlotte, la petite fille.

Vous allez dire que c’est tellement facile, lorsqu’on partage les moments familiaux de telles icônes… Sans doute, et pourtant.

Le visiteur découvre l’intime sans l’intimité, pas de “pénétration” violente, d’effraction, encore moins d’instants volés. Pas d’autre intention que l’attention qu’un photographe porte à ses proches. La douceur est la clé, ou peut-être est-ce l’amour d’un frère pour sa soeur, la fraternité et le respect entre deux hommes liés par une femme.

Pour Andrew Birkin, l’image, que ce soit par la photo ou le cinéma, est un langage, comme la chanson l’est pour Serge, l’interprétation pour Jane. L’art tient en cela : un cadre, une lumière et puis une attitude, un regard, et enfin, le clic du déclencheur, dans la perfection de ce millième de seconde précis.

En réalité, l’exposition devrait s’intituler “Jane et Serge, by Andrew Birkin”. Parce qu’il aura été le seul à pouvoir faire de telles photos, pas seulement parce qu’il est le frère, surtout parce qu’il est le photographe, celui qui capte le quotidien, le normal, le banal pour en faire le reflet du vivant dans ce qu’il a de plus beau : la respiration de l’instant.

Si Birkin et Gainsbourg  ont souvent joué le jeu des photos sur papier glacé, parfois glaçant, les images d’Andrew sont délestées du maquillage et autres effets de surfait, de surface. Ils sont là Jane et Serge, avec leurs proches, simplement. Presque un pied de nez aux photos « people », cette exposition ramène à l’essentiel.

Je ressors du musée des Beaux-Arts de Calais comme on repart d’un pique-nique champêtre, un dimanche d’été, avec quelques amis : le coeur léger d’avoir partagé avec eux un moment de simplicité, baignée dans leur univers. Merci pour l’invitation.

Florence Pécriaux

Retrouvez ici toutes les informations et les propositions autour de l’exposition Jane et Serge

 

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Fictive rencontre avec Christian Bobin

Ça a commencé par une phrase entre guillemets: « ce qui ne peut danser au bord des lèvres s’en va hurler au fond de l’âme ». Voilà, une phrase et tout est dit. C’est ce qu’on appelle du grand art.

C’est un peu comme le premier regard échangé. Pourtant, je ne suis pas tout de suite revenue vers vous. Votre nom tournoyait dans ma tête : « Christian Bobin » comme un refrain qui revient chanter dans la tête. Pourtant, le bruit du monde m’a retenue ailleurs.

Et puis, le hasard des algorithmes m’a fait entendre votre voix. Une émission de France Culture avec Frédéric Lenoir. Deuxième rencontre, le coeur bat. Je vous entends, et je vous comprends. Ou plutôt est-ce vous qui me comprenez. Vous parlez de l’écriture, de la façon dont elle vous envahit, de cette manière qu’ont les mots d’apparaître devant vous, les phrases de danser dans votre esprit jusqu’à la pause finale, cette perfection de sensation, cette justesse des lettres juxtaposées. Ne touchez plus une virgule, c’est là. C’est comme moi. Oui, exactement. Je ne sais pas d’où ça vient, ça vient, c’est tout. Parfois, il me faut polir, affiner peaufiner, mais c’est ça, juste ça. Peut être suis-je prétentieuse ? Tant pis, c’est ce que je ressens.

Et finalement, c’est vous qui êtes venu à moi, par la poste, dans un paquet cadeau ficelé d’amitié.

Un bruit de balançoire
Un bruit de balançoire par Christian Bobin, aux éditions L’iconoclaste.

L’écriture bleu sur le blanc, l’épaisseur du papier, j’ai accueilli cet écrin comme une amoureuse suspend le temps, l’instant où tout bascule, cette seconde où elle sait sans savoir, en ouvrant la petite boite carrée couverte de velour révélant une pierre taillée dans l’amour partagé.

Une fois, la boite ouverte, une fois la page tournée, la pierre éclate de sa lumière, la poésie envahit tout l’espace.

Les pages bleues m’ont fait pleurer. Les blanches m’ont faite vibrer.

Mot après mot, j’ai vu danser la poésie. Cette façon parfaite de dire l’indicible. Page après page, j’ai admiré le tableau. Lettre après lettre.

Vous dites avoir écrit avec Ryokan, ce moine japonais dont vous partagez quelques sagesses, comme pour nous le présenter. Mais quand la porte s’ouvre pour laisser entrer les invités à la fête de votre imaginaire, moi, je n’ai eu d’yeux que pour vos mots, vos images, vos comparaisons, pour votre poésie. Il a suffi d’un rayon de soleil sur un verre d’eau pour que le charme se révèle.

Qu’on est loin de la poésie carrée, enfermée dans la cellule tortionnaire de la rime et de la technique littéraire ! Chez vous, la poésie est libre comme l’air. Qu’elle est belle cette liberté. J’ai l’impression de sortir prendre l’air après des mois d’hibernation.

Vous semblez être en conversation avec les étoiles. Ce que vous écrivez est le murmure de vos secrets. Merci pour le partage.

J’avais peur de terminer votre livre, peur de vous lâcher la main. Un peu comme ces promenades de fin de dimanche après midi, main dans la main, au bord d’une digue alors que le soleil commence à rougir. On voudrait garder la sensation des doigts enlassés, la chaleur au creux de la main, la couleur de l’horizon… Par chance un bruit de balançoire, ça ne se tait jamais pour qui sait écouter.

Je suis revenue à votre rencontre poétique… un rendez-vous plus officiel sur les étagères de ma librairie.

C’est sûr, on se retrouvera encore. A bientôt Monsieur Bobin.

Un bruit de Balançoire, de Christian Bobin, aux éditions L’iconoclaste.

Pour écouter l’émission des Racines du ciel sur France Culture, avec Frédéric Lenoir, Leili Anvar et Christian Bobin

 

Chronique au chaud après les feux d’hiver #lechannel #calais

Pardon, j’ai raté le Jour 1.

J’avoue la froideur de décembre m’avait découragée. Et puis mon amie Claire m’a donné rendez-vous au Channel, en plein Feux d’hiver. Ma plume s’est mise à me démanger, alors que je découvrais ces pépites artistiques.

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J 2 : Léandre ou la poétique du quotidien

Certes, on n’a pas tous une armoire véritablement habitée. Mais l’univers de Léandre n’est pas si différent du nôtre. Comme nous, il mange, il dort, il fait la vaisselle, se lave les dents… Comme nous, à ceci près qu’il a une formidable capacité à y insuffler une infinie poésie, à percevoir l’extra dans l’ordinaire. Ses secrets ? Garder un regard d’enfant et aussi s’adapter à la surprise de la situation.

Dans le décor automnal, les chaussettes de chaque jour sont autant de feuilles dorées par le quotidien. Se brosser les dents devient un jeu de bulles, petites notes irisées de savon.

La table à trois pieds se joue de l’équilibre, et la chaise suit le mouvement défiant les lois de la physique. Même la corvée de lessive devient l’occasion d’un match de basket impliquant gaiement le public, avec les dizaines de chaussettes en guise de ballons.

Léandre aime aussi le contact : le facteur, le petit gars, un joyeux double dans son miroir sont des complices du sourire et du rire.

Léandre n’a guère besoin de mots pour exprimer ses émotions, sa maladresse attendrit, nous entrainant à vivre avec lui toutes les nuances de la palette des couleurs de la joie.

L’air de rien, ce magnifique clown invite à poser ce regard poétique sur les petits riens de nos vies, à remettre de la couleur dans le gris de la routine.

J3 : récit d’une froide journée, passée au chaud des Feux d’Hiver.

 

🔥
Les feux d’hiver du Channel : un espace-temps suspendu entre rêve et réalité, parfois déjantés, souvent poétique, tout le temps magique :
🌟
J’ai aimé le décalage totalement … décalé du bruiteur et du comédien de Bris de Banane et leur Meurtre au motel.
💥
J’ai admiré la fluidité dansante du geste jonglé des Invendus, et la complicité de ce pas de deux jouissif.

J’ai été ébahie par les feux d’artifices où même la lune s’est trouvé une place de choix pour ne rien manquer.
🌔

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J’ai savouré les mille pots de feux de Carabosse, rallumant dans l’obcurité tombante la chaleur du partage.
🌞

Les vieilles Carettes, de Jacques Bonnaffé

C’est un drôle de zigoto qui se présente à nous, tournant en boucle, et dans l’espace et dans les idées… Mais ça, c’est juste pour intriguer, attirer l’attention. Petit à petit, le brouillard de cet étrange personnage se lève, quittant la nostalgie des vieilles carrettes pour entrer dans un univers où la poésie côtoie le côté cabossé de la réalité. Légère la poésie ? Peut être dans la forme, mais pas dans le fond. Jacques Bonnaffé touche, fait mouche, fait rire et sourire. Le talent : il faut sans doute cela, sous la peau et sous la triste joie du fou, pour faire valser la peau dure des clichés sur notre Nord et faire chanter le patois, pour déclamer tout en poésie la rudesse et la tendresse de nos contrées, saluant au passage quelques talents trop souvent mis de côtés.

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Chaleur des feux d’hiver au Channel à Calais

J4 : on ne s’en lasse pas

Aux feux d’hiver, tout est possible, et même voir au delà. C’est la voix de Johnny qui m’accueille. Sourire. Puis les patronnes prennent le relais. Unisson féminin sur fond disco, Abba a capella et en Français, il fallait oser, elles l’ont fait et même plutôt bien fait. c’est délicieusement drôle.

Les soeurs presque siamoises Bertha et Miranda contorsionnent leur corps et les idées, et parfois même les bonnes manières. Un peu de souplesse, ça ne peut faire de mal à personne !

Calais, c’est bien un lieu frontière franco-britannique, non ? Alors les goulus passent les obstacles des différences culturelles. Pas question de freiner des quatre fers lorsqu’il s’agit de faire valser les clichés côté français et côté anglais. Sur fond d’humour hippique,  ils font de la traduction leur terrain de jeu.

Pour ce dernier jour, le coup de coeur va à Somos, par la Cie El Nucleo. C’est une bande de jeunes colombiens qui défient la gravité. Le vertige, c’est nous qui l’avons, lorsqu’ils ajoutent un niveau et encore un niveau à leurs pyramides humaines. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est de la performance. Certains n’y verront que cela. Mais derrière la prouesse, ce qui touche, c’est de les voir agir, comme poussés par une urgence vitale, d’affronter l’impossible. Comme si chaque acrobatie était indispensable. La vie, la mort, en défi.

🌟
Au soir des feux d’hiver et de cette année, c’est aux artistes, aux techniciens, aux agents de service, aux communiquants, aux bénévoles, aux salariés, aux agents de sécurité, à Mr Peduzzi, à tous ceux qui ont mis, à un moment ou à un autre, d’une manière ou d’une autre les mains dans le cambouis pour que la magie des feux d’hiver opèrent. Votre mission est accomplie.
Merci.

Ensemble, on danse – le lundi et tous les jours de la semaine

Comment mettre en mots le mouvement du corps et de l’esprit, comment dire ce que je partage avec mes amis du cours de danse d’Ulrike Muller, chaque lundi à Saint-Martin-Boulogne. Une aventure humaine dansante rare, inspirante…

Illustration : Sophie Defebvre

Chaque lundi, c’est un rituel, c’est danse.On se retrouve, des femmes, des hommes : ensemble, on danse. Certains dansent depuis 25 ans, d’autres ont tout juste fait leurs premiers pas : peu importe, ensemble on danse.

La séance commence : ensemble on danse.

Il y a la consigne, s’y ajoute la musique ; alors devant, derrière, autour et surtout en soi, la danse s’installe, le mouvement s’empare du corps. La tête, les bras, les jambes jusqu’au bout de soi : ensemble on danse.

Entrer en contact avec ses muscles, ses vertèbres, ses articulations, découvrir la souplesse de la cage thoracique, expérimenter l’ampleur du bassin, des genoux, ressentir la colonne vertébrale jusqu’à la moelle. Tout le corps, tous les corps, ensemble dansent.

Et le corps se rallie à l’âme, le mouvement lève le voile.

Lorsque l’exercice est difficile, nous repousse dans les retranchement du corps, la danse nous emmène dans les recoins de notre être, parfois oubliés. 

On pensait la limite là, juste là et l’on découvre le champ d’autres possibles, un nouvel infini. Le geste de l’un inspire l’autre, grandit prend une nouvelle dimension, parce qu’ensemble, on danse.

Ici, la danse est bienveillance : on ne pas se faire mal, parce qu’on redécouvre nos limites pour mieux les respecter. Se respecter soi, respecter l’autre et ensemble, danser.

On ne parle ni technique, ni académique : ensemble on danse.

Ce qui compte c’est la beauté du geste. Il est beau parce qu’il vient du meilleur de soi, il est personnel, sincère, authentique, unique, éphémère, instantané, ici et maintenant, dans la justesse de l’instant.

Il n’y a pas de devant, de derrière, de droite ou de gauche : ensemble on danse.

Chacun est lui-même, un élément de l’ensemble et du tout. 

L’ensemble est beau parce que chacun danse, et chacun est beau dans l’ensemble qui danse.

La danse se loge partout en nous: dans le corps, dans le coeur, dans l’âme, dans notre vie. Le geste, bien sûr, mais aussi le regard, l’intention, l’objectif, le chemin. La danse est partout. La danse, c’est la vie.

Une utopie ? Non, chez nous c’est le lundi. 

Et puis aussi un peu le mardi, avec les enfants le mercredi, en soi le jeudi, avec les autres le vendredi, en musique le samedi, danse encore le dimanche. Youpi demain, c’est lundi ! Et c’est reparti. Et quand il n’y a pas danse, et bien … on danse.
Notre spectacle se déroule lundi 22 mai 2017 à 20h, à l’espace Culturel Georges-Brassens.

Entrée gratuite, venez ! Ensemble, on danse !


Illustration Sophie Defebvre.

De l’art de la critique : « liker » et bien plus encore

Critiquer, un art ? Sans aucun doute.

Il est crucial de faire la distinction entre juger et critiquer. Ce qui fait toute la subtilité de la critique – et par là même un art – c’est d’être capable de dépasser le « j’aime » ou à l’inverse « je n’aime pas ». Juger : « j’aime » ou « j’aime pas » tient du coup de coeur ou du coup de semonce. Il enthousiasme ou enterre, ovationne ou anéantit sans plus d’explication.

Alors que la critique, elle, fait travailler les méninges, activer les neurones et démultiplier les synapses ! Du coeur, on passe à la raison. « J’aime parce que »… « je déteste parce que » : voilà qui commence à prendre une toute autre tournure ! Argumenter, chercher le positif, le négatif, comparer, jauger, apprécier, justifier. Ce qui est fort dans la critique, c’est qu’avec ce flot d’énergie mise en oeuvre pour formuler son avis critique, j’apporte une vraie pierre à l’édifice, je fais naître ou participe au débat. Et chacun en ressort grandi : celui qui formule sa critique et celui qui est critiqué. L’un offre à l’autre son regard, sa pensée, son raisonnement. Et l’autre peut à son tour être enrichi de cet avis constructif : une pierre est apportée à son édifice.

Chaque année, l’association ça et là et son maître d’oeuvre Pierric Maelstaf propose aux collégiens de participer au Prix Sainte Beuve des Collégiens. L’idée : choisir un livre dans une liste thématique donnée et s’en faire le critique. A l’écrit ou à l’oral, depuis 2008, les collégiens sont de plus en plus nombreux à participer à ce prix. Pour avoir assisté à quelques finales, je peux vous dire que j’aime le Prix Sainte Beuve des Collégiens :

  • parce qu’il participe à l’éveil du goût de la lecture, de la curiosité
  • parce que les jeunes ont un talent fou pour s’exprimer, révélant des écrivains des orateurs prometteurs.
  • parce qu’il crée un esprit de groupe dans les classes et les établissements
  • parce qu’il met en ébullition ce sens critique et pousse plus loin la réflexion et repousse les frontières de la curiosité, de la découverte.

Ce que je n’aime pas ? J’ai cherché et je n’ai pas trouvé…

Demain je vivrai une belle journée dans un collège du Pas-de-Calais dans le cadre de ce prix Sainte-Beuve des collégiens. A suivre 🙂

Pour en savoir plus sur l’association ça et là et le Prix Sainte Beuve des collégiens :  cliquez ici

 

 

CD de sophrologie ou un-e sophrologue en chair et en os ? Une autre dimension

Après tout, c’est vrai : pourquoi payer 50 euros une séance quand un CD à 15 euros voire un bon lien youtube fait l’affaire ?

Moi la première, je suis adepte des CD. Le pari c’est d’être sûr d’aimer la voix du / de la sophrologue choisi-e. Mes coups de coeur vont à  Clémence Peix-Lavallée, Carole Serrat  et aussi Clairisse Gardet qui allie sophrologie et méditation pour les enfants. Le web regorge de séances enregistrées – certaines moyennes, et d’autres top – sur tout un tas de thématiques : sommeil, burn out, grossesse, etc. J’en ai usé et en use encore très souvent.

 

Reste que les séances de sophrologie que j’ai vécues avec mes sophrologues préférées (Voir mon article « La sophrologie je suis accro ! ») m’ont apporté une expérience toute autre. C’est un peu comme écouter le CD de votre artiste préféré et le voir en concert. Avouez : la dimension n’est pas la même ! 

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Un CD ou un sophrologue en chair et en os : c’est comme écouter le CD de votre artiste préféré ou aller à son concert…  Crédit Photo : Pexels.com 

Avec votre sophrologue, vous allez d’abord établir un contact humain. Quand votre problématique touche à la confiance en soi, je vous souhaite d’avoir le bonheur de trouver un-e sophrologue qui, immédiatement ou presque, portera sur vous un regard positif, bienveillant, comme si vous sentiez déjà un « moi, je crois en toi, et je t’accompagne pour que toi aussi tu crois en toi ». Si vous êtes au bord du burn out, avoir une oreille vraiment attentive sera un soutien considérable.

Au cours de la séance, vous aurez peut être des ressentis qui vous bouleverseront, qui vous toucheront. Votre sophrologue saura trouver les mots pour vous aider à vivre au mieux ces émotions, ces sensations, pour en tirer la « substantifique moelle » et vous permettre de grandir à partir de cette expérience. C’est un peu comme faire régime en solo ou être accompagné par un vrai pro de l’alimentation : il saura vous encourager, vous soutenir et trouver la ressource qui fait que même après un moment difficile vous repartirez grandi.

Quelle que soit votre problématique, votre sophrologue va vous tailler des séances sur mesure. En général, entre 6 et 12 séances vous permettent de faire de belles avancées.

Est-ce comme pour les vêtements : un luxe ? Oui, cela représente un budget, je ne vais pas vous dire le contraire. Mais quand vous en sortirez, vous aurez les outils pour traverser ce que la vie vous propose. Vos outils, créés avec vos propres ressources, votre propre personnalité, ceux qui vous conviennent à vous. C’est une vraie démarche personnelle, c’est une décision : celle de se prendre en main, d’être acteur de sa vie.

Pour ma part, la sophrologie – et mes sophrologues préférées – m’ont permis de traverser toutes sortes de moments. Les plus durs bien sûr : ça m’a armée pour ne pas sombrer. Mais les plus beaux aussi : la sophrologie c’est aussi être présent à soi, savourer les instants les plus doux comme s’ils s’inscrivaient jusque dans le noyau de nos cellules. La sophrologie, c’est faire le choix de prendre soin de soi et de ceux qui nous sont chers. La sophrologie, c’est aimer la vie.

Les CD et ressources web sont pour moi des soutiens, des piqûres de rappel au quotidien, efficaces. Néanmoins, mes sophrologues sont de belles rencontres humaines qui m’ont vraiment accompagnée pour grandir, pour m’épanouir. Bref, je ne serais pas aussi heureuse sans la sophrologie et surtout sans mes sophrologues.

 

 

Bienveillance, vous avez dit bienveillance ?

Hello, c’est Bulle,

Depuis quelques jours, j’ai ce mot en tête : bienveillance. J’aime autant les sonorités que tous les sens que l’on peut y mettre.

Pourtant, à force de l’entendre partout et à toutes les sauces, je crains qu’il ne soit vite galvaudé. Pensez-donc, même les politiques s’en sont saisis !

Quand je pense à ce mot, l’image qui s’impose à moi, c’est le sourire dans le regard de ma grand-mère posé sur ses petits enfants, comme pour nous dire “quoi que tu fasses, fais le avec le coeur. Si c’est une réussite, sois-en fier ; si c’est un échec, fais-en une leçon”.

Derrière ce mot, derrière ce sourire, est présent une inébranlable foi en la personne qui reçoit ce regard : quoi qu’il arrive c’est le bon chemin à suivre, celui qui te fait grandir, qui te rapproche de toi-même.

Il y est aussi question de veille, une attention constante qui autorise à la fois l’autonomie, l’expérience tout en maintenant ce regard qui encourage, qui pousse à aller plus loin, qui soutient, qui console aussi parfois.

La bienveillance implique aussi l’acceptation. Quand j’avais 20 ans, un ami un tantinet plus âgé m’a dit : “être adulte, c’est accepter…” accepter ce qui la vie impose, accepter le sort, la fatalité. A l’époque, j’ai été envahie par un sentiment de révolte : comment ça accepter ? Comment baisser les bras sans se battre ? Et puis, le temps a fait son oeuvre. Et le sentiment de révolte a laissé sa place à quelque chose de plus fort encore : l’espoir. J’ai découvert que souvent, accepter de lâcher prise permet d’aller plus loin, d’accéder au niveau supérieur, de sublimer même.

Etre bienveillant pour soi n’est pas un luxe : le monde, la vie sont suffisamment durs pour nous accorder une certaine clémence. Cela ne signifie pas tout lâcher tout accepter, mais avoir la volonté de dépasser les moments low pour retrouver les moments plus “high”. Etre bienveillant envers les autres, c’est un super carburant à rayonnement hyper puissant. J’ai même décidé de ne jamais me priver de dire les remarques positives qui me viennent à l’esprit sur un camarade de travail, une voisine. Leur sourire est la preuve du rayonnement de bonheur qui se propage.

En ce moment, j’ai beau avoir ce mot en tête, je ne suis pas très bienveillante à mon égard. C’est vrai quoi : je veux aller plus vite, plus loin, plus fort. Comme le veut notre société actuelle, je veux que ma petite entreprise décolle vite et bien, je veux gagner de l’argent pour mes filles et pour moi, dépenser pour les soldes, prévoir un voyage aux States, améliorer ma maison, etc. Je veux, je veux, je veux pousser les murs… sauf que je me cogne la tête. J’ai le coeur qui palpite, la respiration courte : vite vite vite. Et ça fait mal. Comment faire pour arrêter de me faire mal ? De toute façon, je ne pourrai ni avancer le temps, ni forcer les choses.

Ma recette à moi, c’est d’aller danser, ou courir, de retrouver mes filles tôt chaque soir, et non plus un quart d’heure avant leur coucher, c’est de prendre le temps de respirer – merci la sophro – pour me remettre en tête la chance folle, notamment celle d’avoir des proches formidables, toujours présents et … bienveillants.

Et vous, savez-vous être bienveillants avec vous-même ?

A bientôt,

Prenez soin de vous !

Bienveillance, vous avez dit bienveillance ?

Hello, c’est Bulle,

Depuis quelques jours, j’ai ce mot en tête : bienveillance. J’aime autant les sonorités que tous les sens que l’on peut y mettre.
Pourtant, à force de l’entendre partout et à toutes les sauces, je crains qu’il ne soit vite galvaudé. Pensez-donc, même les politiques s’en sont saisis !

Quand je pense à ce mot, l’image qui s’impose à moi, c’est le sourire dans le regard de ma grand-mère posé sur ses petits enfants, comme pour nous dire « quoi que tu fasses, fais le avec le coeur. Si c’est une réussite, sois en fier ; si c’est un échec, fais en une leçon ».

Derrière ce mot, derrière ce sourire, est présent une inébranlable foi en la personne qui reçoit ce regard : quoi qu’il arrive c’est le bon chemin à suivre, celui qui te fait grandir, qui te rapproche de toi-même.

Il y est aussi question de veille, une attention constante qui autorise à la fois l’autonomie, l’expérience tout en maintenant ce regard qui encourage, qui pousse à aller plus loin, qui soutient, qui console aussi parfois.

La bienveillance implique aussi l’acceptation. Quand j’avais 20 ans, un ami un tantinet plus âgé m’a dit : « être adulte, c’est accepter… » accepter ce qui la vie impose, accepter le sort, la fatalité. A l’époque, j’ai été envahie par un sentiment de révolte : comment ça accepter ? Comment baisser les bras sans se battre ? Et puis, le temps a fait son oeuvre. Et le sentiment de révolte a laissé sa place à quelque chose de plus fort encore : l’espoir. J’ai découvert que souvent, accepter de lâcher prise permet d’aller plus loin, d’accéder au niveau supérieur, de sublimer même.

Etre bienveillant pour soi n’est pas un luxe : le monde, la vie sont suffisamment durs pour s’accorder celà. Cela ne signifie pas tout lâcher tout accepter, mais avoir la volonté de dépasser les moments low pour retrouver les moments plus « high ». Etre bienveillant envers les autres, c’est un super carburant à rayonnement hyper puissant. J’ai même décidé de ne jamais me priver de dire les remarques positives qui me viennent à l’esprit sur un camarade de travail, une voisine. Leur sourire est la preuve du bien qui se propage.

En ce moment, j’ai beau avoir ce mot en tête, je ne suis pas très bienveillante à mon égard. C’est vrai quoi : je veux aller plus vite, plus loin, plus fort. Comme le veut notre société actuelle, je veux que ma petite entreprise décolle vite et bien, je veux gagner de l’argent pour mes filles et pour moi, dépenser pour les soldes, prévoir un voyage aux States, améliorer ma maison, etc. Je veux, je veux, je veux pousser les murs… sauf que je me cogne la tête. J’ai le coeur qui palpite, la respiration courte : vite vite vite. Et ça fait mal. Comment faire pour arrêter de me faire mal ? De toute façon, je ne pourrai ni avancer le temps, ni forcer les choses. 

Ma recette à moi, c’est d’aller danser, ou courir, de retrouver mes filles tôt chaque soir, et non plus un quart d’heure avant leur coucher, c’est de prendre le temps de respirer – merci la sophro – pour me remettre en tête la chance folle, notamment celle d’avoir des proches formidables, toujours présents et … bienveillants.

Et vous, savez-vous être bienveillants avec vous-même ?

A bientôt, 

Prenez soin de vous !

#coupdecoeur #danse : il faut que le monde change 

Bam bam bam : je partage un vrai coup de coeur qui m’a fait un coup au coeur.

Si tant est qu’un algorythme puisse être assimilé au hasard, je suis vraiment heureuse d’avoir été mise dans les mailles du filet social facebook et d’être tombée sur la vidéo de Thomas Bimai « Il faut que le monde change ».

De l’ombre de la guerre à la lumière de nos smartphones

D’abord le message : il est puissant, puissamment humain. Coup de chapeau à Lunik Grio pour ce texte slamé. En 3 minutes, il relie les bombes qui secouent notre société, des attentats de Paris, semant méfiance et défiance, jetant le trouble dans l’esprit démocratique. Et puis la guerre, alors qu’Alep vient de tomber. La guerre finalement pas si loin puisqu’elle mijote en nous, tous, mus par notre part d’ombre, une ombre captée, captivée par les écrans de nos téléphones. Boite de pandore, comme le dit la Voix. Isolement, évitement, savons nous encore communiquer ? 

Voilà comment le point final de l’histoire est peut être le point de départ de tout, point de départ du mouvement fatal dans lequel nous sommes. Sauf que ce point fatal pourrait être le point vital : il faut que le monde change. En commençant par soi, peut être peut on influer sur le reste ? Ça vaut le coup d’essayer.

Et il y a la danse : Thomas Bimai crée une danse en symbiose, en cohérence avec l’ensemble. On est dans l’univers du hip hop, dans la pure lignée de l’histoire du hip hop. A bien y regarder, ce style est né du jazz, lui même né du mélange des cultures africaines et européennes, (ou comment l’homme a le don de détourner les contraintes pour en faire quelque chose de sublime : peut être reviendrai-je sur cette histoire un peu plus tard). Bref, pour revenir à Thomas Bimai, j’aime cette force de la danse hip hop, soulignée par la précision du classique – en témoignent la série de tours fouettés réglés comme une horloge – et la fluidité de mouvements plus contemporains. J’aime cette mixité, cette rencontre : une façon de dire que chacun a sa place dans la danse… et dans le monde. 

Le mix est d’autant plus fort que texte et danse jouent et joutent ensemble. L’un ne va pas sans l’autre, le puzzle est complet. Puissance et efficacité.

Et puis il y a aussi la subtilité des silences. L’absence de mouvement, de son, un quart de seconde de retentissement, comme ce qui reste d’une détonation, un temps d’apnée, une suspension. Cet arrêt sur image fait raisonner plus encore l’écho de ce qui vient d’être dit ou dansé. 

Le mouvement frappe quand les mots cognent, glisse quand les phrases laissent de l’espace pour lire entre les lignes. Car oui, il faut lire entre les lignes. C’est là, juste au creux de l’émotion, au fin fond du battement de ton coeur. 

Le message et la danse sont unifiés par une mise en scène, en espace, en image. La caméra sait où elle doit aller, où se poser pour capter le mouvement. Là encore, la cohérence. 

Reste à rendre cohérent nos likes et nos partages, rendre cohérents nos profils facebook et ce que l’on est vraiment. On peut essayer pour tenter de relever le défi de Thomas Bimai : il faut que le monde change. Là dessus, on est tous d’accord.

Prenez le temps d’aller voir, ça vaut le coup,

ET prenez soin de vous,

Bulle.

Pour voir la vidéo de Thomas Bimai : https://m.youtube.com/watch?v=I-By1LkFxPk

Rencontres de la Critique et de la Culture : faites bouillonner vos neuronnes

Hello, c’est Bulle

 

Dire qu’on aime ou qu’on déteste, c’est bien. Dire pourquoi, c’est mieux. Autrement dit : critiquer est une chose, avoir le sens critique en est une autre. Je dirais même que c’est un art.

Et cet art, il se cultive, s’aiguise. En ces temps de tentations extrémistes, il est un festival qui a fait de la critique sa raison d’être. Ce sont les Rencontres de la Critique et de la Culture. Pendant quatre jours, à Boulogne-sur-Mer, deux fois par an, on se délecte de découvertes artistico-littéraires, culinaro-musicales, qui font bouillonner le ciboulot, titiller les neurones et réveiller les cerveaux.

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Le principe est le suivant : nous sont proposés une série d’événements : lecture, causerie, pièce de théâtre, concert, film etc. Déjà, là, c’est une aventure culturelle. Mais une fois l’événement terminé, les choses « sérieuses » commencent. Les participants échangent leurs points de vue, leurs analyses, se nourrissent du regard des autres. Nul besoin d’être érudit, il suffit d’être curieux et ouvert. Personne n’a tort, tout le monde a raison, pourvu que les arguments soient bien posés. 

C’est un réel plaisir de voir l’enthousiasme soulevé par le partage. Ce petit ovni culturel est un bijou qui devrait séduire tous ceux qui ont envie de faire bouger la vie culturelle, repousser les frontières des habitudes de la pensée toute faite.

Ces rencontres de la critique sont aussi un hommage à Sainte-Beuve, père de l’art de la critique, boulonnais d’origine. Les thèmes sont toujours subtilement choisis et amenés.

L’autre aspect génial de ces Rencontres, c’est d’y inclure les jeunes. Le Prix Sainte-Beuve des collégiens propose aux jeunes, dans le cadre scolaire, de s’exprimer sur une sélection de livres. Au final, le livre préféré des collégiens se voit décerner le Prix Sainte-Beuve. Mais ce qui est plus fort encore, c’est de lire et même d’entendre ces jeunes s’engager dans la défense d’un ouvrage qui, souvent, les a touchés, bouleversés. ce concours révèle quelques talents d’orateurs tout à fait impressionnants.

C’est à Pierric Maelstaf, personnage aussi unique que son événement, insatiable passionné des belles lettres et des belles pensées, que l’on doit ce concentré de culture.

Bref, notez sur vos agendas :

Les rencontres de la Critique et de la Culture, du 17 novembre au 20 novembre 2016 à Boulogne-sur-Mer et ses environs. Le thème de cette version d’automne est la Flânerie.

Toutes les infos sur http://ca-et-la.fr

A bientôt, et prenez soin de vous