13/21 : la douceur électro pop-folk fait vibrer les amours médiévales

Samedi, j’ai assisté à un concert pop folk… du 13ème siècle. Non, je ne blague pas. Et c’était vraiment génial.

13/21 la musique pop folk de Juliette Leroy sublime pour le XXIème siècle les textes d'amours médiévales
13/21 Une rencontre historique et artistique

Bien ancrée dans le XXIème siècle, Juliette Leroy est en jean et Santiags. C’est elle, voix et musicienne de la compagnie Mille Bonjours, qui a composé l’ensemble des mélodies de ce spectacle 13/21. Son terrain de jeux : mettre en musique des textes médiévaux.

Surprise : le son est résolument pop-folk. Le synthétiseur envoie des notes à la douceur électronique enveloppante et chaleureuse. La guitare électrique et les boites à rythmes de Jean-Lou Descamps donnent le change aux percussions de Stéphane Hocquet. Le violon nous emmène parfois sur les falaises d’outre-Manche. Pop folk, résolument. Et puis, il y a les voix, celles de Juliette Leroy et Yves Vandenbussche. Elles s’épousent littéralement, sont deux et un en même temps.

Il règne dans ce concert de la finesse et de la puissance, de la délicatesse et de la profondeur. Transporté, le public l’est complètement.

13/21 a cette originalité de mettre dans cette musique contemporaine des textes du XIIIème siècles. Des chansons d’amour où les mots d’hier font valser les frontières du temps pour n’en retenir que la profondeur des sentiments. La langue d’oïl n’est pas si étrangère à nos oreilles, dans cette incroyable rencontre des siècles. Plus qu’un voyage dans le temps, c’est un peu comme si le phrasé médiéval faisait remonter à la surface les siècles de notre propre ADN, comme si une partie intime de notre être, mémoire ancestrale émotionnelle, se mettait à vibrer. Et la musique contemporaine est la clé pour permettre cette alchimie artistique.

Détails qui comptent :

Le concert a été donné dans le magnifique théâtre élisabéthain du Château d’Hardelot, un petit bijou du Pas-de-Calais, du grand Nooooord… J’aime ce lieu que j’ai vu passer du rêve à la réalité. On peut choisir la polémique, moi, je choisis d’y voir un projet qui ne demande qu’à vivre à la hauteur de ses ambitions, pour faire rayonner la culture et cette région, trésor trop souvent caché.

C’est une coproduction Département du Pas-de-Calais, 9-9bis et Lyric & Co avec le théâtre de Calais. Et ils ont bien fait !

A bientôt !

Esharêh, Voyage musical dans la poésie des mondes

Bonjour, c’est Bulle,

Samedi soir, je suis allée à un concert étonnant, voire déroutant. J’avais envie de partager cette découverte avec vous.

Sur un tapis persan, zarb, oud, tabla et autres instruments annoncent le voyage vers l’Orient. Et de fait, la voix du chanteur, ses intonations nous projettent, plus encore, comme dans la chaleur d’un mirage. Nous sommes dans l’univers d’Esharêh, « l’allusion » en Farsi. Pourtant, on distingue vite que les mots nous sont connus, que les paroles, aussi fardées soient-elles de ces mélopées, nous rappellent bien quelque chose… Mais quoi ? Derrière chez moi, y a un étang, dans la cour du palais… Mais si, cherchez bien, au fond de votre mémoire. En tout cas, moi, je devais quatre ou cinq ans quand j’ai appris ces chansons. Si elles sont nées en Haute-Bretagne, elles font belle et bien partie de notre répertoire de chansons traditionnelles françaises.

Improbable ?

Rencontre improbable ? Pas du tout, ça fonctionne. Voilà de jeunes hommes (de beaux trentaines, ce qui ne gâche rien ) qui ont trempé la plume de leur influences musicales et leur imaginaire à l’encre de la curiosité, de l’ouverture à l’autre. Les cordes plantent le décor, la clarinette charme, ensorcelle. Les percussions rythment bien sûr, mais leurs sonorités révèlent la sensualité de la peau d’où elles naissent. Difficile d’y résister. (De quoi donner envie de danser, mais j’ai tenu …) Les instruments s’écoutent et se répondent, dans le plus grand respect. Enfin la voix de Simon, qui unit le tout comme le noeud parfait l’emballage d’un généreux cadeau.

Faire danser les influences culturelles les plus éloignées de la planète

Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi la mondialisation serait-elle réservée aux multinationales et à la finance ? Mieux, et si les artistes étaient les artisans de cette poétique du monde, l’art de faire émerger une poésie, une harmonie là où d’autres ne voient que différence et discordance. Ils ont cette force de faire dialoguer et danser les influences culturelles des points les plus éloignés de la planète. Ils créent des chemins inédits de rencontre entre ces pôles. Ils nous emmènent au coeur de ce qui nous relie tous (oui j’espère encore…), notre humanité.

Je suis sortie de la salle comme au retour d’un voyage. Sur la route, on est parfois bousculé dans nos habitudes, mais à l’arrivée, on est juste bien, heureux d’avoir vécu l’expérience, riche d’une nouvelle découverte.

A bientôt, prenez soin de vous !

Pour vous faire votre propre idée :
http://www.eshareh.fr
http://www.julienlahaye.com/projets-artistiques/eshar-h